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Modification constitutionnelle en Guinée : Et si on posait le vrai débat ?


C'est n'est un secret pour personne, la population guinéenne a l'habitude des modifications constitutionnelles. Rappelez vous d'Ahmed Sekou Touré qui, en plus d'avoir la main mise sur tout à travers la constitution de 1958, a opéré une réforme en 1982 pour raffermir son titre de « guide suprême de la révolution » en proclamant le PDG-RDA « parti-Etat » ou « parti-Nation ». La suite de l'histoire, c'est 26 ans de règne pour le père de l'indépendance guinéenne. 

À la mort du premier Président guinéen, un groupe de jeunes officiers de l'armée nationale prend le pouvoir. Le Colonel Lansana Conté, devenu par la suite Général, fait voter la Loi Fondamentale le 23 décembre 1990 pour jeter les bases du libéralisme politique et économique. Pour beaucoup, c'était « la délivrance » mais des règlements de compte, il y en a eu. Cette autre histoire, on la connaît. 
Comme l'appétit vient en mangeant, le cerveau du « redressement national » prend goût du pouvoir et avec l'appui de nos intellectuels véreux, il cesse de gouverner et fais de la politique. C'est ainsi que dans la foulée, le Parti de l'Unité et du Progrès (PUP) est créé, le Général se fait élire en 1993 puis en 1998 et le verrou constitutionnel sur le nombre de mandat pour l'officier Président était clos. Mais la bonne vieille méthode, on la connaît et le Général s'en est bien servi : convocation du corps électoral au référendum en 2001 pour trancher entre le Oui et le Non pour une nouvelle constitution. Le Oui l'emporte, sauf que là, le nombre de mandat est illimité et la durée partie de 5 à 7 ans. Ce qui ne se dit pas, c'est qu'Alpha Condé était vent debout contre le projet. Parce qu'il était porté par le Général ? Cette réponse, on la connaît et l'homme du 03 avril 1984, malgré tout, tiendra bon pendant 24 ans. 

A l'adoption de l'actuelle constitution, tout a été fait pour ne pas frustrer le vieux professeur. Sinon l'âge de candidature pour le poste de Président avait bien une limite. Allez-y aux infos !
Mais par la force des choses, ou plutôt par la force d'un autre Général (Sekouba Konaté, alors Chef de l'État), le projet a été fait pour « arranger tout le monde ».
Sitôt aux affaires, le professeur préféré aussi prend goût du pouvoir ; très tôt, il cesse, à son tour, de gouverner pour s'adonner à son métier favori : la politique. 
Entre 2011 et 2019, beaucoup d'eaux a coulé sous le pont et on connaît la suite de l'histoire. Alpha Condé se dirait certainement que là où Xi Jinping, Paul Kagamé, Lansana Conté et pleins d'autres ont réussi, « pourquoi pas moi ? ».
Qui a dit qu'un homme met 40 ans de sa vie à lutter pour accéder à un fauteuil  afin de l'abandonner au bout de 10 petites années  sans y être contraint ? Ce qu'Alpha Condé et ses lieutenants oublient, c'est qu'on est aujourd'hui au XXIè siècle et que la mentalité des guinéens a beaucoup évolué. 

Nouvelle constitution, Nouvelle République, Front National pour une Nouvelle Constitution ou pour la Défense de l'actuelle, Mouvance ou Opposition, RPG ou UFDG, Alpha ou Cellou..., nous, on s'en fou. 
Nous, c'est la jeunesse, l'avenir de la nation : nous qui mettons la Guinée au dessus de tout ; nous qui n'avons de parti politique que notre République ; nous qui n'avons d'intérêt que celui national ; nous qui voulons réinventer la classe politique et la façon de gouverner notre patrie ; nous qui pensons paix et stabilité ; nous qui respirons unité et progrès durable pour la Guinée et tous les guinéens.
Le temps avance, il ne recule pas. Le temps, c'est le vrai allié du peuple. Le temps a permis de comprendre que les vieux ont atteint leur limite. Il est temps que la jeunesse prenne le relais afin de raviver la flamme de l'espoir pour le pays des quatre régions naturelles. Mais comment passer le relais à cette jeunesse ? C'est ça le débat vrai qui mérite d'être posé.

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